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Créer une entreprise: 2 - l'équipe

Loic_le_meur_2Par Loïc Le Meur, entrepreneur et bloggeur français.

Créer une entreprise: trouver les meilleurs collaborateurs et leur faire confiance .

Même si cela paraît évident, il est fondamental de bien s’entourer quand on lance un projet.

Quand j’ai lancé B2L, deux de mes amis, Antoine Bello et François Lamotte ( fondateurs d’Ubiqus) m’ont hébergé dans leurs locaux. Un petit bureau face à l’ascenseur. Pour une Web agency il était immédiatement nécessaire pour moi de recruter un ingénieur, je n’avais qu’un profil gestion et commercial.

Mais l’exercice fût difficile : recruter un ingénieur, avec un bon diplôme quand vous êtes le seul employé de votre propre société, sans bureau ou presque, et que vous avez tout au plus 3 mois de cash devant vous… J’ai finalement convaincu un ingénieur de rejoindre l’aventure, mais en fait c’est plutôt moi qui ce jour-là ai passé un entretien d’embauche. En effet, Vincent se posait plus de question sur moi que je ne m’en posais à son égard, il sortait d’une école d’ingénieurs, ne voyait qu’un tout petit bureau pour toute représentation de mon entreprise, ne savait pas si je pourrai encore le payer dans trois mois. J’ai été très transparent avec lui, aussi bien sur les risques que les opportunités, et il a accepté de relever le défi.

La personne qui m’a certainement le plus impressionné fut Jean-Jacques Borie (il n’a pas encore de blog, mais cela ne tardera pas j’espère….). Il m’a un jour envoyé un CV, au tout début de B2L, un CV vide (sans vouloir l’offenser), peu d’expérience, sans diplôme. Mais ce CV traduisait indéniablement une chose : la passion, l’envie d’apprendre et de bien faire. J’ai donc reçu Jean-Jacques et j’ai décidé de lui donner sa chance. Ses nuits, il les passait à apprendre en lisant des livres de développement Internet, ses journées à programmer pour nos clients avec une rapidité et une capacité d’exécution incroyables. J’ai fait confiance à Jean-Jacques et sa passion. Il est vite devenu le meilleur développeur de l'équipe et a évolué avec nous. Aujourd’hui il a cru utile de palier à son manque de diplômes en suivant des cours… du soir et a rejoint un grand groupe français à un poste très intéressant après m’avoir suivi dans différentes aventures de création.

Il faut aussi que votre équipe ait une vision claire des objectifs, à court et moyen terme, de la société. Il faut communiquer votre propre passion. Manager une équipe n’a rien à voir avec donner des ordres, il s’agit de partager une vision, une envie de réussir.

La confiance est primordiale. Je ne suis jamais passé derrière quelqu’un pour vérifier son travail, je n’ai jamais controlé les contrôle des heures d’arrivée et de départ du bureau ni même les heures passées sur un projet. La seule chose qui compte, c’est le résultat (en préservant évidemment un minimum de temps en équipe pour sa cohésion, bien entendu. Ceci est particulièrement important quand les équipes ne travaillent pas physiquement au même endroit.

Le client, le service et la qualité.

Par l'entrepreneur consultant passionné par l'asie.

« On gagne la bataille du service avec des détails qu'on n'arrête pas de ciseler. » Christian Lemoine.

<p><p><p><p><p><p><p>Sans titre</p></p></p></p></p></p></p>

Le manager et l'entreprise moderne se voient confrontés a un défi majeur : la satisfaction du client. La consommation de masse est morte car les clients modernes sont désormais des consommateurs avertis. Vive la « niche », la différenciation, l'adaptation, la particularisation, la « customisation »... Le 21eme voit émerger la notion de client unique, l'entreprise se voit contrainte de répondre à ses clients en différenciant son offre, en l'adaptant, en écoutant ses clients pour comprendre leurs besoins et adapter la réponse et tout cela dans un contexte de mondialisation. Goethe écrivait : « Parler est un besoin, écouter est un art. ». Pour répondre a ces impératifs une seule solution : se vouer corps et âme au culte du service et de la qualité, dans un unique objectif la satisfaction totale.

Le service est une notion large qui prend toute son importance dans le monde actuel ou l'économie du client est un impératif pour la réussite de l'entreprise. Quelle societée, publique ou privée, peut se passer de qualité de service ? Aucune et c'est bien le problème, des entreprises jadis essentiellement orientée vers la production sont en pleine réorganisation pour placer le client au coeur de leur logique. Tous les pays n'en sont pas au même point, dans certains comme les Etats-Unis la qualité de service est maîtrisée. D'aucuns diront que cette culture est poussée a son paroxysme : « plantez du service et vous récolterez de l'argent », enlevant un rien d'originalité a la demarche et unifiant quelque peu les messages en direction du client mais qu'importe ! L'essentiel n'est-il pas la satisfaction de celui-ci ? D'autres zones géographiques, pour ne pas dire ethnies, ont compris l'importance du service. Ainsi que dire des Chinois pour qui un client satisfait et qui paye est le seul objectif valable au sein d'une démarche commerciale, on comprend ainsi le succès des restaurants « Chinois » et de leur propriétaire a l'ineffable sourire... Mais qu'en est-il en France ? Là, il faut bien avouer que la situation se complique...

Que dire d'un pays qui a pratiquement invente la notion de service mais ou il reste synonyme de servitude ? Car a la base de la qualité du service, il y a des notions telles que le conseil et l'écoute qui sont orientées vers le client... Ayant été propriétaire de restaurant, j'avoue que ma plus grosse bataille était d'apprendre a mes salariés a écouter le client pour détecter son besoin, l'aider a le formuler et lui apporter la meilleur réponse possible : Alphonse Daudet écrivait: « La meilleure façon d'imposer une idée aux autres, c'est de leur faire croire qu'elle vient d'eux. », à cette époque j étais maitre dans l'art de l'étude des réactions physio-psychologiques. Hélas dans un pays où beaucoup pensent encore que « le mieux est l'ennemi du bien » la bataille est loin d'être gagnée car pour cela encore faudrait-il rehausser le standard de ce qui est « bien ». Le client d'aujourd'hui est très different de celui d'hier, et ne pas faire évoluer offres et approches c'est hypothéquer son avenir.

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L'Everest n'est peut-être pas si haut...

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Par Pierre-Olivier Carles

Il y a quelques jours, j'avais une discussion avec un ami, portant sur un projet de création d'entreprise. Il est diplômé d'une Ecole d'Ingénieur et enseigne les maths dans un lycée ainsi qu'auprès d'étudiants en MathSpe. Il est en pleine force de l'âge, intelligent et sûr de son produit.

En synthèse, son discours était le suivant : "J'ai inventé un jeu du type Casse-Tête assez génial et pas cher à produire. J'aimerai bien me lancer mais je ne sais pas comment faire... De toute façon, c'est trop difficile donc il me faut un associé expérimenté."

En ayant réfléchi deux minutes (je sais, ce n'est pas beaucoup...) à sa situation, j'ai eu l'impression que la création d'entreprise était, dans l'esprit d'une majorité de personnes, une sorte "d'Everest qu'il faudrait gravir en Tongs par la Face Nord". Et bien, je ne suis pas d'accord...

Il est évident qu'un projet visant à créer un laboratoire pharmaceutique ou à lancer en grande série un nouveau modèle de voiture risque de rencontrer un certain nombre de barrières à l'entrée... mais la création d'entreprise, ce n'est, fort heureusement, pas que cela.

La très grande majorité des entreprises, sont des micro-entreprises. Les motivations de ces entrepreneurs sont multiples : se libérer d'une hiérarchie pesante, choisir un lieu de vie où les offres d'emploi sont rares, créer son emploi après quelques mois de chômage, aménager son temps de travail à sa convenance, etc... Plus rarement, ces "micro-entrepreneurs" sautent le pas pour l'argent et/ou la liberté - somme toute très relative...

Quelle que soit leur motivation, la majeure partie de ces entreprises n'emploiera jamais que leur fondateur. Cela signifie que, pour eux, la gestion s'en trouve très simplifiée, le niveau de revenu est directement corrélé au niveau d'activité et le niveau de risque finalement assez réduit. De plus, les entrepreneurs individuels peuvent être entourés, conseillés, supportés, coachés... par des Centres de Gestion, les organismes territoriaux, les Experts-Comptables, les réseaux d'aide à la création, le cercle familial ou amical...

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La communication, arme fatale des TPE

Nau_stphane_2 Par Stéphane Nau - Entrepreneur en communication

A force de côtoyer des créateurs d’entreprise de tous poils, je commence à remarquer (ou à véritablement prendre conscience) l’inconscience de créer une entreprise, tout comme j’en constate les bienfaits.

En réalité, créer une entreprise est un challenge fou. Pour plusieurs raisons :

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Consulter et se documenter, un des secrets de la réussite … surtout dans le monde des affaires !

Auclair_kim Par Kim Auclair (contributeur) - Entrepreneure passionnée

Nous les jeunes, que ce soit à l'école, à la télévision ou en côtoyant des amis, nous identifions et retenons de l'information utile en quantité sur tout ce que nous entendons. Et c'est bien ainsi! Mais nous ne devrions pas nous limiter à cela! Afin de prendre des décisions éclairées, de développer notre propre version des choses, d'agir comme de jeunes adultes responsables, nous devrions constamment être à la recherche d'informations de toutes sortes et de toute provenance.

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Manuel pour cyber-commerçant autodidacte et débrouillard

Cassarpatrice1_3Par Patrice Cassard

Comme promis voici un petit résumé de mon "aventure" de créateur d'entreprise avec lafraise.com, un site de vente de T-shirt en ligne pas encore très connu, mais qui a au moins le mérite de faire vivre son créateur. Le but de ce petit mémo, est surtout de motiver d'autres personnes qui comme moi auraient le souhait de gagner leur indépendance, afin de travailler pour leur propre intérêt. Tout est possible, tout est réalisable, en voici un exemple.

J'imagine qu'il y en a des centaines d'autres tout aussi valables, donc ne vous arrêtez pas spécialement sur le concept choisi ici (par pitié). Essayez de transposez votre propre projet, posez vous les bonnes questions, (mais, surtout pas trop longtemps), et allez-y ...

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Créer une entreprise: 1 - l’idée n’a pas de valeur

Loic_le_meur_1Par Loïc Le Meur, entrepreneur et bloggeur français

Je pense réellement que l’idée n’a pas la valeur que l’on veut bien lui accorder quand on décide de créer une entreprise.

Beaucoup d’entre nous attendent d’avoir l’idée du siècle avant de se lancer et je crois que c’est une erreur. D’ailleurs je montre souvent dans ma présentation des dizaines d’idées de création qui ne demandent qu’à être lancées, pour illustrer le fait qu’une idée n’a aucune valeur tant qu’elle n’est pas réellement "exécutée".

Certains cachent leurs idées de création, les protègent comme s’il s’agissait de l’idée du siècle, de peur que l’on leur « vole ».

Au contraire, il est à mon avis très important quand on va se lancer de partager ses idées avec son entourage. Les avis extérieurs sont très constructifs, vous permettent de mettre en avant des points auxquels vous n'auriez pas pensé. Il faut aller au-delà des critiques pour en tirer quelque chose de constructif.

Lorsque j’ai une idée de création d’entreprise, la meilleure technique je pense est de la partager avec ses amis et son réseau. Si elle est mauvaise, il y a beaucoup de chance pour que vous le sachiez rapidement. Ma vision des choses est que la création d’une entreprise permet de « combler » l’espace vide. Il ne faut pas la bonne idée mais bien identifier un besoin dans un domaine donné. Combien de fois, vous faites vous la réflexion : « franchement on doit pouvoir faire mieux » ou « tiens voilà une idée à lancer » dans les services ou produits que vous croisez tous les jours, en tant que client ou qu’utilisateur. Combien de fois regrettez- vous qu’une entreprise ne soit pas à même de vous fournir tel ou tel service, tel ou tel produit. C’est ce que j’entends par « combler l’espace vide ». Évaluez la demande pour cet « espace vide » et vous tenez votre idée. Si votre idée répond à cette demande, il y a une bonne probabilité pour que vous trouviez aussi vos premiers clients, si importants.

Quand j’ai commencé ma première société B2L en 1996, une agence web, il n’y en avait que quelques unes en France. Je me suis lancé avec un prêt étudiant de 10 000 euros et un client, Automobiles Peugeot. Dans le cadre des mes études, j’avais fait une mission pour eux, le sujet était « comment améliorer la communication externe de trois concessionnaires Peugeot parisiens. En 1996, c’était évidemment assez tôt, mais je leur ai recommandé de lancer le premier sites de prospection sur Internet pour la vente de véhicules d’occasion. A l’issue de l’étude, Paul Sevin, alors Responsable des ventes France chez Automobiles Peugeot, m’a donné ma chance : « j’aime cette idée, il faut lancer ce site. J’ai donc crée B2L avec un premier client prestigieux, sans avoir aucune idée du développement que nous allions avoir par la suite, j’étais juste persuadé que cette idée apporterait de la valeur pour Automobiles Peugeot.

Et, dans ce projet l’exécution fût clef. Il fallait impérativement que j’honore la confiance que cette personne m’accordait. Nous sommes allés au delà de toutes les attentes en lançant Occasionsdulion.com, premier site automobile « marchand » (de prospection évidemment, nous n’allions pas vendre des automobiles avec un règlement par carte bancaire !) en France. Sur la base de cette référence, et de la satisfaction de Peugeot nous avons gagné des dizaines d’appels d’offre face à des concurrents de plus en plus nombreux et décroché des comptes prestigieux: Chanel, 20th Century Fox, Unilever, Mars…B2L doublait de taille tous les ans (équipe et revenus) et était profitable sans aucun financement extérieur puisqu’au début l’ensemble des profits étaient bien entendu réinvestits dans la croissance de l’entreprise.

L’idée était peu importante, je créais un besoin en faisant découvrir l’Internet à de nombreuses grandes entreprises et je pariais que la demande allait suivre. Les premières références étaient très importantes puisque c’est grâce à ces clients satisfaits que nous avons pu en gagner d’autres.

À l’heure actuelle j’ai en tête une bonne dizaine d’idées de création d’entreprise, mais je me consacre pleinement et entièrement qu’à un seul projet, le lancement de Ublog et des produits de Six Apart en Europe. Il est presque impossible et il est dangereux de vouloir lancer plusieurs idées à la fois, il faut concentrer toutes ses forces sur une seule idée et réaliser la meilleure exécution possible, rendre ses clients heureux autant que possible avec les moyens de l'entreprise.

Entreprendre n'est pas si dur...

Beraud_david_3 Par David Béraud (contributeur) - Meneur d’hommes, assembleur de savoir-faire…

Créer une entreprise n'est pas aussi compliqué que certaines personnes veulent bien nous le faire croire. Il suffit de bien réfléchir, de bien construire, de bien agir et parfois de faire quelques erreurs...

Au départ vous aurez besoin d'une idée, ça ne sera pas forcément celle du siècle (d'ailleurs, je ne sais pas si elle existe), juste une idée qui réponde à un besoin, ou qui en crée un.

Une fois l'idée dénichée, vous devez travailler votre produit. Il me semble intéressant de créer un exemplaire de ce que vous allez vendre. La création de ce prototype vous permettra de quantifier le temps nécessaire à la réalisation et à la production de votre produit. Cette étape vous permet également de voir comment réagissent vos fournisseurs et vos clients potentiels. S'il vous est nécessaire d'opérer des modifications, il vous sera plus simple de les ajuster maintenant qu'après la création de votre entreprise.

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Entrepreneurs et freins a l'entreprise

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Par Jean-Marc et Nathalie Ouvré - Brocanteo - Boutique de brocante et de décoration

Que faut-il faire pour qu’il y ait plus d’entrepreneurs ? Je ne vais parler que des problèmes rencontrés par des créateurs d’entreprises de TPME ce qui est le cas de Brocanteo pour Nathalie, et je ne parlerai pas non plus des problématiques spécifiques de financement ou d’image, je serai axé sur comment aider les entrepreneurs, dans l’objectif de créer de l’activité et des emplois. Prenons le cas simple d’une personne en recherche d’emploi qui décide de créer son entreprise, sans salariés, avec ses propres moyens, une entreprise de services ou un commerce. Immédiatement les charges arrivent, alors que le chiffre d’affaires n’a pas commencé à arriver, lui. Pour qu’il y ait plus d’entrepreneurs, il faut se demander : Faut-il leur faire tout payer comme à une entreprise établie ou faut-il les aider ?

Comprenons nous bien : Dès le premier jour officiel (et même un peu avant - la pme à 1 euro n’existe pas), même si le créateur (quel que soit son statut) travaille jour et nuit sans salariés, sans locaux, avec tous ses moyens personnels et même si il ne verse pas de salaires, il doit prendre conscience que les charges commencent déjà à peser sur la viabilité de son entreprise. L’entrepreneur doit savoir que rien ne lui sera épargné. Et clairement tout les salariés qui analysent froidement leur fiche de paye comprennent que les charges c’est sérieux mais cela n’est qu’un bout du problème.

Afin de minimaliser les charges, 2 points ont été mis en place pour les créateurs qui étaient en recherche d’emploi : la continuité du versement des assedics si aucune rémunération (à distinguer du salaire, mais en clair si vous créez, ne vous versez rien, vous conserverez vos assedic) n’est versée et une aide globale à la création d’entreprise, non financière car elle exempte l’entreprise des charges patronales, peut être attribuée si un dossier spécifique (globalement un business plan) est constitué (parcours du combattant avec des problématiques de dates à bien prendre en compte) et surtout validé, il s’agit d’un dossier ACCRE - on ne peut l’avoir qu’une fois et il a fallu être chômeur (or un gérant ne peut avoir ces garanties). Ceci pendant une durée limitée (un an). Or au bout d’un an, tout commence donc à se déclencher. En France on aime bien ce qui est compliqué. Je ne fais pas le détail de ces taxes, mais il y en a une bonne liste…

Tout le reste est “taxé”. Tout le reste ? Normal ? Prenons un compte bancaire… Vous et moi avons des conventions de compte avec des frais de gestion très peu élevés. Pour une entreprise c’est tout à fait autre chose, normal vous êtes une entreprise… et cette explication vous allez la rencontrer dans plein plein de situations. Tout est donc un peu plus cher, tout est donc moins facile à appréhender. Essayez de faire un chèque pour acheter quelque chose sans avoir votre Kbis (la carte d’identité d’une entreprise) sous le bras, Kbis qui a une durée et une valeur. Vous ne pouvez pas imprimer vous même votre Kbis il faut le payer. je m’arrête là car pour le moment nous n’avons pas tout vécu mais rien ne semble facilité pour les petits entrepreneurs qui comptent leurs sous, or on sait que ces entreprises créent de la valeur et donc des emplois dans une multitude d’autres services ou entreprises. Plein de petits détails, plein de petits freins.

On peut bien sûr essayer de prévenir, de former, mais là il faut guérir.

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"Petite chronique boursière" : Allô, le CAC 40 ?

Vincent_colot Par Vincent Colot (chroniqueur exclusif) - Analyste financier

Une difficulté majeure, avec la Bourse, est que l’on ne comprend pas toujours immédiatement les raisons de telle ou telle variation, même substantielle, de cours. Malgré la bonne volonté évidente des sources d’informations financières à trouver à chaque fois une explication, le doute peut subsister dans la tête des investisseurs. Est-ce bien la « bonne » explication ? Et, d’ailleurs, y a –t-il toujours une « bonne » explication, autre qu’un mouvement d’humeur boursière temporaire ? Monsieur CAC 40 ne répond malheureusement pas aux interviews ! …

Prenons un exemple ni totalement opaque ni totalement transparent … Bref, un exemple flou au sujet duquel la presse n’a pu être totalement convaincante.

Le 26 mai dernier (il y a donc tout juste un mois), Danone annonce une toute prochaine augmentation de capital pour un montant de quelque 3 milliards d’euros (sans donner encore le prix d’émission des actions nouvelles). A cette nouvelle, le cours décroche et passe de 39,5 EUR à 37,5 EUR. Quelques jours plus tard, alors que le cours a continué à quelque peu s’effriter et après que le timing et les conditions de l’opération ont été rendues publiques (un peu plus de 123 millions d’actions nouvelles à un prix d’émission de 24,73 EUR), le cours perd de nouveau et logiquement quelques plumes car alors est détaché le droit de souscription préférentiel : le cours de l’action baisse à nouveau de quelque 2 EUR, ce qui correspond à la valeur du droit désormais coté et dont la raison d’être est de permettre aux actionnaires existants de Danone qui ne voudraient pas souscrire à cette levée de capitaux de ne pas être lésés financièrement.

On comprend donc bien la seconde baisse (qui n’est qu’apparente pour l’actionnaire puisqu’il peut ou souscrire à un prix intéressant ou vendre ses droits). Mais quid de la première, lors de l’annonce de l’augmentation de capital ? Est-elle conditionnée à ce moment-là à une hypothèse que fait le marché (c-à-d. l’ensemble des investisseurs) quant au prix d’émission des nouvelles actions ou non ? Selon que le prix d’émission sera fixé à tel ou tel cours (par exemple 25 ou 15 EUR), il y aura bien évidemment plus ou moins de nouvelles actions qui vont arriver sur le marché, ce qui pourrait entraîner un plus ou moins grand effet de dilution sur le bénéfice par action. En fait, non, ce ne peut être l’explication : cet impact est pris en compte par le droit de souscription préférentiel dont la valeur sera d’autant plus élevée que le prix d’émission sera faible. Il n’y a aucune raison « mathématique » d’un ajustement de cours lié au prix d’émission des nouvelles actions, avant le détachement des droits. Tout au plus pourrait-il y avoir un impact psychologique : en effet, plus le management décide d’un prix d’émission inférieur au cours de l’action cotée et plus il laisse à penser que peut-être il craint que, durant la période de souscription, le cours de bourse puisse connaître un creux important. En effet, si le cours de bourse tombe sous le prix d’émission pendant la période de souscription, personne n’a intérêt à souscrire au prix d’émission.

Alors quoi ?

Serait-ce que le marché voit d’un mauvais œil le remboursement d’une partie des dettes (un des objectifs annoncés de l’opération) grâce à l’apport de capitaux propres frais ? On pourrait presque adopter cette explication : tant qu’une activité rapporte plus qu’elle ne coûte en rémunération de la dette qui la finance, une entreprise a en effet tout intérêt (!) à s’endetter, d’autant plus que l’entreprise peut déduire de ses impôts la charge d’intérêts. Une substitution d’une partie de la dette de Danone par des fonds propres serait donc de nature à chagriner les actionnaires. Mais le raisonnement est un peu court. Car, même si Danone ne souffre pas d’une situation financière préoccupante, sa marge de manoeuvre est limitée. Et dans le contexte actuel où les consommateurs optent de plus en plus pour les marques de distributeurs moins chères, la prudence financière peut davantage être considérée comme une vertu. Alors, même si la prévision de bénéfice par action de l’année prochaine souffre un peu de cette substitution capital/endettement, il n’y a pas de raison de penser que les investisseurs pénalisent le cours de l’action pour cette raison.

Poursuivons notre quête. N’y aurait-il donc aucune raison à cette baisse de cours du 26 mai ? Un accident boursier malencontreux ? Cela semble peu probable, d’autant que cette réaction eut lieu directement après l’annonce de l’augmentation de capital.

L’origine du problème est sans doute à trouver dans ce qu’on appelle « l’asymétrie d’information » entre le management et les actionnaires. Kekseksa ? Cette augmentation de capital, malgré tout sensible dans son montant, a pris par surprise les investisseurs. Alors, tout naturellement, ils se sont posés la question suivante : « Qu’est-ce que le management nous cache ? ». En d’autres termes : n’y aurait-il pas anguille sous roche ? Ce besoin soudain de fonds indique-t-il une dégradation des perspectives de Danone ? Sans ces fonds, Danone pourrait-il avoir des difficultés déjà prévisibles de remboursement de sa dette ? Ou encore, cet argent va-t-il servir à aider à financer une acquisition coûteuse, comme ce fut déjà le cas par le passé avec le rachat du néerlandais Numico ?

En bref, si le cours de Danone a baissé ce 26 mai, ce n’est pas, comme l’affirme pourtant Frank Riboud, PDG du groupe, en proportion « à peu près de la dilution entraînée par l’augmentation de capital », mais bien en raison de la légitime suspicion des investisseurs devant une opération dont ils craignent qu’elle ne cache un cadavre dans un placard.

Manager les siens, aider les autres...

Bertrand_duperrin Par Bertrand Duperrin (chroniqueur exclusif) - Consultant en Management

A priori les choses sont simples : l'entreprise a des salariés dont elle essaie de s'occuper au mieux et à qui elle donne les moyens de réussir efficacement leur mission. (On ne rit pas dans la salle...merci). Elle a également des prestataires à qui confie des missions ponctuelles. Un objectif, un contrat...et le tour est joué.

Cela commence à devenir plus difficile lorsque les uns sont amenés à travailler au quotidien avec les autres. Ou en tout cas à maintenir un niveau relativement élevé d'intéractions. Ce problème touche deux points : l'un se situe à un niveau managérial pour savoir comment éviter un comportement de type "il y a nous et il y a eux" qui n'est certainement pas du meilleur effet sur l'efficacité conjointe des uns et des autres (qui rappelons le doivent travailler ensemble), l'autre au niveau purement opérationnel et concerne la capacité (la volonté ?) de donner accès aux uns et aux autres à des outils leur permettant de collaborer efficacement. Voire de collaborer tout cour : imaginez qu'une équipe A collabore, qu'une équipe B collabore mais que les deux éprouvent les pires difficultés à échanger, à partager le moindre document, à travailler dessus ensemble, je vous laisse imaginer le niveau d'efficacité du duo A+B.

Bien sur nombre de grandes entreprises ont avancé sur la question avec le nombre de prestataire qu'elles font travailler en régie. Passé une masse critique la question s'avère en effet plus que sensible (même si réglée de manière très inégale). C'est déjà beaucoup plus difficile pour ceux qui restent physiquement "externes".

Mais tout le monde n'est pas une grande entreprise qui mobilise des milliers d'externes à longueur d'année. Je parle notamment là des PME qui sont nombreuses à expérimenter le temps partagé pour s'adjoindre des compétences à priori trop onéreuses pour elle mais nécessaires à leur bon fonctionnement, voire à leur croissance.

Le succès (à confirmer) du statut d'auto-entrepreneur peut également laisser penser qu'un grand nombre de ressources seront désormais ponctuellement disponibles pour une mission précise, nécessitant un profil spécifique dont on aurait pas besoin en permanence. Les prévisions montrent que l'"auto-emploi" concernera 40% travailleurs américains en 2019 (contre 30 aujourd'hui). Tendance au multi-emploi qui se retrouvera chez nous ? Trop tôt pour l'affirmer, mais tout cela mis bout à bout pousse à rappeler aux entreprises le besoin de manager au mieux l'accueil de ses "externes".

On ne parle pas ici de programmes ambitieux. Parfois il faut des choses fort simples pour faire en sorte qu'un externe ne ressente pas de frein au travail avec les internes, soit en capacité de donner le meilleur de lui-même. Vous demandez vous  ce que ressentent ceux qui se trouvent dans cette position ? Comment améliorer les choses ? Une question qu'on oublie souvent par manque de temps, mais qui est ô combien déterminante pour l'efficacité de l'entreprise.

PS : je n'aborderai pas ici le cas de stagiaires supposés être internes et souvent aussi bien "traités" et délaissés que des étrangers. Sans bureau, sans ordinateur...mais avec une mission à remplir. Mais c'est un autre sujet...

La minute patrimoniale : Support en euros d’assureur

Yves_gambart_de_lignieres Par Yves Gambart de Lignières (chroniqueur exclusif) - Conseil Financier et Conseil en Gestion de Patrimoine Indépendant

A l’heure où les fonds monétaires rapportent à peine 1% et où beaucoup d’émetteurs font appel au marché pour lever des capitaux à des taux bruts qui peuvent paraître séduisants (par exemple, Edf avec 4,5% sur 5 ans, Crédit Agricole avec 6% sur 12 ans…), il nous semble intéressant de faire le point sur un support qui offre une liquidité, une sécurité, une fiscalité et un rendement encore fort attrayant (autour de 4% net) : le support en euros ou actif général d’assurance-vie.

Support en euros : de quoi s’agit-il ?

Les fonds en euros sont majoritairement investis en obligations (70 à 90%).

Ceci s’explique par le fait que les assureurs ont le devoir de garantir au souscripteur les sommes placées sur ce support.

Si le souscripteur récupère sa mise de manière anticipée, il ne s’expose donc pas à un risque de perte en capital… contrairement à ce qu’il peut subir avec une obligation détenue en direct qui baissera si les taux du marché progressent.

Le solde est investi en actions cotées, private equity, immobilier, produits dérivés…

Les supports en euros offrent, également, un effet de cliquet garantissant que les plus-values générées dans le passé sont acquises.

Support en euros : comment son rendement est déterminé ?

La réglementation impose à l’assureur de reverser, l’année en cours ou avant la fin de la huitième année, au moins 90% de ses bénéfices techniques et 85% des bénéfices financiers.

Si ces bénéfices sont, en partie, provisionnés, on parlera de provision pour participation aux bénéfices. Plus cette provision est élevée, plus l’assureur sera en mesure de reverser, dans le futur, un supplément de bénéfices sur son support en euros au-delà du taux technique ou taux minimum garanti, définis règlementairement. C’est ainsi que certains assureurs ont plus de quatre années de participation en réserve tandis que d’autres n’en ont plus !

Le souci est que les assureurs peuvent affecter, comme ils l’entendent et sur les contrats qu’il souhaite, cette participation aux bénéfices…

Il ne faut donc pas être leurré par les taux boostés pour l’année en cours dont l’objet est exclusivement commercial.

C’est pour cela qu’on constate, trop souvent, des particuliers disposant d’une multitude de contrats souscrits, au fil du temps et au gré des campagnes commerciales… c’est une absurdité : si un contrat est satisfaisant, le souscripteur procédera à des versements complémentaires sur cet unique contrat et non à l’ouverture de nouveaux contrats.

Pour déterminer le taux de rendement sont, également, pris en compte la réserve de capitalisation constituée par les plus ou moins-values générées lors de la cession d’obligations et certaines provisions dont celle pour dépréciation à caractère durable destinées à couvrir les risques sur certains placements (actions et immobilier).

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Un plan Q pour les vacances…

Thebaut_didierPar Didier Thebaut (chroniqueur exclusif) - Fondateur de joujou de Paris

Il y a de plus en plus de PQ dans les entreprises. Et ça pour le confort de l’ensemble du personnel. En effet, le PQ ou PAQ ou mieux, le Plan d’Assurance Qualité, est un outil qui a pour objectif de définir les tâches à réaliser pour atteindre l’excellence dans la conduite d’un projet. Et, par extension, cela permet de mobiliser les personnes sur ce même projet.

Aussi pourquoi ne pas utiliser cet outil pour bien préparer ses vacances.

Commençons par voir ce que doit contenir un plan qualité :

- Combien de personnes sont concernées ?

- Quel est l’objectif ?

- Qui va piloter l’opération ?

- Comment on va le réaliser ?

- Où ça va se dérouler ?

- Quand ça a lieu ?

- Pourquoi on fait tout ça ?

Un moyen de s’en rappeler ? CQQCOQP. C’est facile, il suffit de penser PQ.

Voyons donc comment appliquer ce principe à vos vacances.

Admettons que vous vouliez partir cet été à Cuba avec vos enfants.

- Combien de personnes sont concernées ? 4

- Quel est l’objectif ? Vacances

- Qui va piloter l’opération ? Vous

- Comment on va le réaliser ? En faisant un emprunt vacances

- Où ça va se dérouler ? Cuba

- Quand ça a lieu ? Du 15 au 30 août

- Pourquoi on fait tout ça ? Parce que ce qui est pris est pris.

Comme quoi…c’est facile. Il ne reste plus qu’à trouver les ressources et valider le tout par l’ensemble des personnes concernées, y compris votre banquier.

Bref, il s’agit encore d’un outil fabuleux qui pourrait être utilisé pour le bien être de tous afin d’optimiser ses vacances et, hélas, cet outil est principalement utilisé dans un carde uniquement professionnel. Avouez que c’est dommage…

D’ailleurs en parlant d’optimisation du temps, j’ai décidé de faire court et de vous livrer ma conclusion.

En synthèse, si vous voulez passer de bonnes vacances, n’hésitez plus faîtes vous un plan Q.

Sur ce, bonnes vacances et partez bien assurés !!!

Quand l’entrepreneur demande à ses salariés de travailler gratuitement

Christelle Levasseur Par Christelle Levasseur (chroniqueur exclusif) - super-grandparents.com

La semaine passée British Airways a demandé à ses 30 000 salariés, via un courriel, de participer à la lutte pour la survie de l’entreprise en travaillant gratuitement, à raison de plusieurs jours par mois, ou en prenant un congé sans solde pendant le mois de juillet.

A l’écoute de cette information à la radio, plusieurs questions essentielles sont venues à l’esprit de la juriste que je suis : parmi lesquelles : un entrepreneur français pourrait-il, en invoquant une période économiquement difficile due à la crise, demander à ses salariés de travailler, ne serait-ce que temporairement, gratuitement ? Pourrait-il licencier tout naturellement les intéressés qui lui opposeraient un refus ? Peut-il en résumé faire un appel « au volontariat » comme l’a fait Willie Walsh, patron de Brisith Airways ?

Pour l’heure, aucun entrepreneur français, à ma connaissance, n’a emboité le pas à la compagnie aérienne. Une telle initiative pourrait, à l’évidence, en tenter plus d’un. Mais d’un point de vue juridique, cela serait-il légal ?

Le Code du travail français ainsi que la jurisprudence, qui encadrent strictement les obligations de l’employeur envers ses salariés, notamment en terme de salaire, ne semblent pas autoriser une telle « souplesse ». En effet la jurisprudence considère qu’il y a contrat de travail lorsqu’une personne s’engage à effectuer une prestation pour le compte et sous la direction d’une autre, en échange d’une rémunération.

Le contrat de travail est donc bien un contrat synallagmatique, c'est-à-dire un contrat par lequel deux parties, l’employeur et le salarié, ont des obligations réciproques : le premier doit fournir du travail et rémunérer le second, ce dernier doit travailler pour le compte et sous la subordination du premier. La rémunération est donc un élément essentiel. Sans elle, on ne saurait parler de contrat de travail. Et ceci, quand bien même l’absence de rémunération ne porterait que sur une période déterminée (un jour ou une semaine par mois ou bien dans le cas d’un congé sans solde imposé).

Est-ce à dire que tout employeur qui exigerait, de la part de ses salariés, de travailler gratuitement serait dans l’illégalité ? A en croire le droit social, on pourra répondre par l’affirmative.  Ainsi, tout salarié qui se trouverait dans une telle situation pourra refuser, sans risquer pour autant le licenciement, de travailler gratuitement pour son employeur. Et exiger par voie de conséquence le paiement intégral de son salaire.

Par les temps qui courent, plus d’une entreprise pourrait imposer unilatéralement à ses salariés de travailler gratuitement en « jouant » la carte de l’éventuelle perte d’emploi. Ou encore en licenciant purement et simplement toute personne qui refuserait de mettre gratuitement sa force de travail à disposition de son employeur. Attention, un tel procédé serait automatiquement requalifié par le juge de licenciement sans cause réelle et sérieuse d’où une obligation de réintégration, le versement immédiat des salaries non payés, sans oublier les dommages intérêts. Une telle démarche est donc vivement déconseillée.

Le cas British Airways n’est donc pas légalement transposable en droit du travail français, ce dernier étant très protecteur de la partie la plus faible au contrat, à savoir le salarié. L’entrepreneur peut toujours demander à ses salariés d’aider « bénévolement » l’entreprise qui l’emploie en dehors de ses horaires de travail. Rien en l’en empêche… Mais là aussi, attention aux risques et problèmes liés à tout ce qui concerne les accidents du travail car en dehors des horaires prévus par le contrat de travail, la couverture n’existe pas…

 Impossible en revanche de faire des économies de trésorerie en versant des salaries amoindris.

La stratégie du Spécial

Samir_2 Par Samir (chroniqueur exclusif) - "Jeune, Rebeu & Millionnaire"

Il m’arrive souvent de lire les emails de jeunes entrepreneurs de Banlieues et de Navarre dont l’appétit de réussite emporte tout sur son passage. Tellement, que c’en est à se demander s’ils ont l’estomac d’un seul homme ou les sept panses d’une génisse. Ils ont l’impatience de la jeunesse qui leur donne l’impression de tout pouvoir, le droit de tout faire et la capacité d’exécuter ce « tout »… tout de suite. Ils ont lu les « bons » livres, fréquenté les « bonnes » conférences et parlé aux « bonnes » personnes …

Ils ont toujours sur eux une copie de leur business plan qu’ils vendent au tout-venant… de la maman à la boulangère et du Business Angel au chauffeur de Taxi. L’un d’entre deux vint un jour me soumettre son idée sur Gmail Chat. Il me parla du marché, de la concurrence, d’une demande latente qui ne demandait qu’à être satisfaite, de communication tous azimuts, de campagnes de publicité qui quadrilleraient la Toile en faisant « tapiner » Google Ads… et plus il m’expliquait sa stratégie, plus je le voyais s’aventurer dans les méandres de sa formulation… au risque de sacrifier le futile au fondamental…

Le produit.

Un business plan médiocre fait du produit un élément annexe de la stratégie.  Un bon business plan met le produit au cœur de la stratégie. Un business plan « hors-norme » fait du produit la seule stratégie.

Quand j’étais petit, il y avait un snack dans la zone commerciale du quartier. C’était avant que le bon vieux « Grec » ne truste la position de sandwich préféré des français après le Big Mac (ou le Filet o Fish, c’est selon). Je me souviens de ce petit local de fortune dont les murs abimés faisaient penser à ces façades beyrouthines criblées de balles. A l’intérieur, la décoration était spartiate : une table et deux chaises. Ce minimalisme de convenance faisait de la vente « à emporter » le choix par défaut de la grande majorité des clients. La table était toujours occupée par un tunisien obèse qui tenait compagnie au patron la journée durant. Les options pour se désaltérer étaient réduites à peau de chagrin : la seule alternative à l’eau du robinet présentée dans de gigantesques pichets, était ce mauvais cola « interdit aux femmes enceintes »et stocké dans un frigo qui délivrait des bouteilles tièdes. Le patron, un sétifien qui ne s’embarrassait jamais de formules de politesses t’accueillait invariablement par un « keské ti vou ? » qui relevait plus de l’injonction du tribunal de grande instance que de la politesse commerçante.

Et pourtant il y avait toujours la queue devant le snack du quartier.

Pourquoi ? A cause du « Spécial ». Le « Spécial » c’était ce « casse dalle » démesuré double steaks, salade, cheese, oignons grillés et sauce blanche. Le sandwich était tellement gras que le papier dans lequel il était enveloppé devenait translucide presque instantanément. Il contenait assez de calories pour nourrir tout un village éthiopien. C’est bien simple : si le « Spécial » existait encore, il serait blacklisté par www.mangerbouger.fr

Avec mes potes on a fantasmé d’abord sur le Spécial avant de ne le faire sur les meufs de magazines. Le goût était tout simplement indescriptible… le pain délicieusement croustillant. C’était tellement bon que certains n’hésitaient pas à ramasser le morceau de viande malencontreusement tombé au sol pour l’engouffrer goulûment sans se poser la question du caractère hygiénique de son geste. Je me souviens qu’après nos matchs de foot nous nous cotisions à deux ou trois pour nous payer le « Spécial ». S’ensuivait une intense négociation et un partage au millimètre près : c’était à qui aurait le quignon de pain, ou le plus de viande et d’oignons. Tout le monde connaissait le « Spécial »… jusqu’aux quartiers environnants dont les habitants faisaient des kilomètres pour pouvoir avoir le privilège de faire la queue pendant 30 minutes.

Le patron sétifien se foutait de la relation client. « Ti pas coutent ? Va acheti kebab a couti »

Il se foutait de la publicité. On la faisait pour lui… et la queue devant son échoppe était mieux qu’un « trois par quatre » dans le RER.

Il se foutait de la concurrence. Le Spécial était hors catégorie.

Il se foutait de la stratégie. Sa stratégie, c’était son produit.

Entrepreneurs : Erasmus vous ouvre l’Europe

Watine_jeanluc Par Jean-Luc Watine (chroniqueur exclusif) - Spécialiste dans l'optimisation du statut du dirigeant

Le nouveau programme Erasmus qui vient d’être mis en place prévoit des stages à l’étranger d’un à six mois aux côtés d'un dirigeant de PME/TPE, expérimenté de plus de trois ans d'activité, dans un autre pays de l'Union Européenne.

Ces stages sont destinés aux futurs créateurs d’entreprise et aux Entrepreneurs encore peu expérimentés et qui ont déjà lancé leur propre Entreprise depuis moins de trois ans.

Le but est de favoriser les échanges d'expériences, la confrontation de savoir-faire managériaux et commerciaux, la prospection de nouveaux marchés, la recherche de partenaires et la constitution de réseaux d'affaires européens...

Erasmus pour Jeunes Entrepreneurs (EJE) est la mise en oeuvre concrète du Small Business Act européen : il vise à doper la compétitivité des PME/TPE européennes en facilitant la diffusion de bonnes pratiques commerciales et managériales dans les 27 pays de l'Union européenne.

Les Entrepreneurs en activité peuvent bénéficier de stages de deux semaines par mois de façon à ne pas rester trop éloignés de leur entreprise.

Les nouveaux Entrepreneurs se rendent donc dans un autre pays de l’Union Européenne pour travailler aux côtés d’un chef d’entreprise expérimenté : cela leur permettra d’acquérir les compétences nécessaires et d’optimiser leurs chances de succès dans la perspective d’une ouverture européenne grandissante.

Profitez donc de cette belle initiative européenne en direction des Entrepreneurs, un site a été créé pour mettre en contact nouveaux entrepreneurs et entrepreneurs expérimentés pour toute l’Union Européenne : www.erasmus-entrepreneurs.eu, n’hésitez pas à vous inscrire pour ouvrir vos marchés sur l’Europe !...

Une méthode pour les dossiers « urgent »

Alix_de_la_tour_du_pinPar Alix de La Tour du Pin (chroniqueur exclusif) - AdL Accompagne des Leaders

Alix

A noter : d’autres méthodes sont possibles, bien sur !

Quand experts et entreprises profitent pleinement du travail par missions

 

Rey_patrick

Par Patrick Rey (chroniqueur exclusif) - Consultant-formateur, Délégué Régional ITG, première société de portage salarial.

Il y a davantage de missions que d'emplois pour toutes les catégories de cadres, et plus encore pour les seniors. Leur expérience peut être transformée en expertise, et cette expertise en missions, avec une formation spécifique et un accompagnement sérieux. Telles sont les pratiques de plus en plus répandues qu'ITG, première entreprise de portage salarial en France, a voulu mettre en valeur, forte de son expérience et de la qualité de ses consultants, notamment les seniors.

ITG organisait donc au Palais du Luxembourg à Paris, le 5 juin dernier, un colloque sur le travail par missions des cadres seniors. En quoi les personnes pratiquant cette forme d'activité et les entreprises utilisant leurs services y trouvent-elles un bénéfice ? Ces questions ont été traitées, autour de deux tables rondes, animées par Denis BOISSARD, ex-directeur de la rédaction de Liaisons sociales.

IMG_0211 La première table ronde a été précédée des témoignages vidéos de 5 professionnels qui trouvent dans le travail par missions un (nouvel) équilibre dans leur vie et une valorisation de leur expérience. En effet, au delà de la qualité de vie, ces consultants ont su communiquer la passion pour leur métier. La projection se terminait sur une enquête conduite par l'IGS (Institut de Gestion Sociale) faisant ressortir, entre autres, des parcours de seniors, souvent "quittés" par l'emploi classique, qui ont su rebondir en s'appuyant sur leur expertise, et qui ne veulent plus "lâcher", même une fois à la retraite. Dans la salle ensuite, s'est tenue la première table ronde, avec Nicole RAOULT (consultante emploi des seniors, cabinet Maturescence), Yvan BÉRAUD (secrétaire national F3C CFDT, pôle Conseil Publicité), Dominique FAUCONNIER (consultant RH, groupe ITG) et Claude-Emmanuel TRIOMPHE (co-directeur du cabinet ASTRÉES). Leurs différents éclairages étaient fort intéressants, notamment par rapport aux spécificités de cette forme particulière de prestations, assez différente de ce que les cabinets de conseil apportent aux entreprises. D'où l'idée que les deux se complètent, au lieu de se concurrencer.

La seconde table ronde, quant à elle, s'est tournée vers les entreprises et ce que leur apporte le travail par missions. Les consultants interviewés dans la seconde vidéo ont insisté sur la force de leur positionnement par rapport aux missions réalisées pour leurs clients et la facilité qu'ils ont de piloter le travail de plusieurs consultants, de manière très différente de ce qui se fait dans un cabinet classique. La seconde table ronde réunissait ensuite Jean-Michel CHALARD (DRH France, Alstom Transport), Didier VALLÉE (référent emploi des seniors à la DRH d’AREVA), Brigitte GUÉNARD (consultante RH, réseau OUDINOT) et Gervais HANS (Directeur Général de H&E, groupe ARCELOR-MITTAL). Ils nous ont présenté leurs démarches d'évolution des seniors en entreprise vers des missions de conseil, de formation ou d'accompagnement, notamment  à destination des plus jeunes.

Parmi les conclusions, je retiens que les seniors apprécient le travail par missions pour les choix de vie qu'il permet, le lien social, la possibilité de travailler en équipe, la nature des missions à réaliser. Ils continuent à fréquenter leur réseau professionnel, en développent de nouveaux, participent et partagent.

Mettez de la performance dans votre entreprise

Bertrand_philippe Par Philippe Bertrand (chroniqueur exclusif) - Entrepreneur et Manager

Vous rappelez-vous d’une ancienne publicité qui disait « mettrez un tigre dans votre moteur ». Et bien, aujourd’hui, je me propose de d’analyser ensemble comment mettre de la performance dans votre entreprise.

Bien entendu, certains d’entre vous me rétorquerons qu’ils n’ont pas attendu cet article pour y penser. Mais quand même, voici quelques conseils qui, je le crois, profiterons à tous.

1. Développer une vue intégrée de vos performances par l’établissement d’un Master Plan

Il n’y a pas de secret, ce Master Plan sera généralement dérivé de votre stratégie. Il compilera l’ensemble de vos indicateurs les plus sensibles, relatifs à l’ensemble des dimensions de votre entreprise : sécurité, santé, environnement, rentabilité, consommations, lead time, services (commandes produites et/ou livrées à temps) …

Ce qui est important ici, c’est – d’une part - de pouvoir visualiser les indicateurs qui permettent de mesurer réellement le progrès et – d’autre part – de mettre en évidence leurs éventuelles interactions et corrélations (voire contradictions…).

Pour chaque indicateur, vous partez bien entendu d’une valeur interne de référence (typiquement les résultats de l’année précédente) et vous vous fixez un objectif et une durée pour l’atteindre (éventuellement, avec des étapes intermédiaires). La valeur de cet objectif peut être calculée de différentes manières : calcul théorique de la meilleure valeur possible, référence constructeur, benchmark, …

2. Définir clairement les responsabilités

Vous avez défini des objectifs ambitieux, c’est bien. Maintenant comment les attendre ? Il n’y a pas 36 manières d’y arriver. Il faut mettre en place un comité de pilotage qui suit – régulièrement - l’évolution des indicateurs et du Master plan en général.

Il faut définir les thèmes des groupes de travail - ainsi que leurs participants – qui permettront de travailler sur l’amélioration des performances de l’entreprise. Il faut s’assurer que les ressources soient correctement allouées en fonction des enjeux.

3. Partager largement le Master Plan et les objectifs qui en découlent

S’il est précieux de fixer des objectifs, il est tout aussi important de les partager avec l’ensemble du personnel en adaptant, si nécessaire, la communication aux catégories de travailleurs auxquels vous vous adressez : la communication n’est naturellement pas la même vis-à-vis de cadres que vis-à-vis d’ouvriers par exemple.

4. Revoir régulièrement le Master Plan : s’adapter en permanence

Le monde change, votre entreprise aussi. En matière de performance, il y a deux écueils à éviter :

- Sans cesse modifier les indicateurs de performances et/ou les objectifs qui en découlent

- Considérer que tout est coulé dans le bronze et qu’il ne faut jamais rien changer.

Il faut donc, au cours du suivi du Master Plan, se poser régulièrement la question de savoir s’il convient de le modifier en fonction de l’actualité, tant interne qu’externe (marchés, économie, …) à votre entreprise.

En conclusion, mettre en place une saine gestion de la performance est loin d’être aisé, même pour de grosses entreprises. Cela demande beaucoup d’intelligence, de ressources et de courage. Mais si vous ne le faites pas, vous risquez de mettre en péril la pérénnité de votre compagnie.

"Petite chronique boursière" : Le rapport Garnier/Thesmar sous la loupe

Vincent_colot Par Vincent Colot (chroniqueur exclusif) - Analyste financier

C’est un fait : la littérature financière de qualité est le plus souvent d’origine anglo-saxonne. Les petits investisseurs français, largement réfractaires à l’anglais, manquent donc de matériau pour parfaire leur culture et expertise.

C’est pourquoi il convient de se réjouir de la publication, il y a quelques jours à peine, d’un très intéressant rapport du Conseil d’Analyse Economique sous la double signature d’Olivier Garnier et David Thesmar : « Epargner à long terme et maîtriser les risques financiers : réflexions sur l’épargne financière des ménages français ». Cette somme de 139 pages (faisant d’ailleurs largement référence à des études anglo-saxonnes) est disponible gratuitement sur internet sous une forme abrégée ou intégrale ici : http://www.cae.gouv.fr/spip.php?breve8

Je vais me concentrer ici sur ce qui peut directement intéresser l’investisseur, sans trop me préoccuper des prescriptions formulées pour l’action publique.

Un premier apport est le point effectué sur la réalité de l’investissement de l’épargne des ménages français. Ainsi, la part prise par les actions et titres (en détention directe ou indirecte via OPVCM), est minoritaire : sous la barre, fin 2007, des 10% du patrimoine total. L’immobilier reste très largement en tête des avoirs des Français. D’ailleurs, moins d’un quart des ménages détiennent des actions. Cette situation, plus modeste en France que dans d’autres pays, s’expliquerait assez largement par le mode de financement des retraites.

Ensuite, le rapport se penche sur le risque et la rentabilité des actions à long terme, avec force graphiques et tableaux en tous genres. Si les actions s’avèrent plus rémunératrices que d’autres placements financiers, il ne faut pas perdre de vue leur risque. Tout d’abord, le long terme nécessaire pour éradiquer le risque est souvent plus long que ce que les investisseurs peuvent endurer (plusieurs dizaines d’années). Ensuite, le risque qui diminue avec l’horizon d’investissement est davantage le risque relatif des actions (par rapport aux autres placements) plus que le risque absolu : de très fortes variations, liées à des phénomènes extrêmes, peuvent survenir très rapidement sur les actions, comme l’année 2008 en a été l’illustration. Surtout, les perspectives de risque et de rentabilité d’un placement en actions dépendent très fortement de la valorisation boursière initiale : si la Bourse est fortement (faiblement) valorisée lorsque le placement est constitué, les perspectives de rendement sont plus faibles (fortes). A noter encore qu’à long terme, le rendement des dividendes réinvestis devient la principale source de performance des actions.

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L’art de la simplicité

Januel_sophie Par Sophie Januel (chroniqueur exclusif) - Facilitateur en "Gestion et organisation Back-office PME" pour entreprises agiles !

La simplicité est la propriété de faire des actions sans frein et sans contrainte, sans fioritures. La facilité et clarté en sont des qualités intrinsèques. La répétition, le manque d’imagination les principaux écueils.

Peut-on introduire de la simplicité dans les organisations ? Oui, notamment aux règles de relations humaines et sociales, les fameuses « règles du jeu ». Ces dernières peuvent être énoncées au regard des objectifs de vie collective et de l’entreprise. Concevoir les règles communes, les partager et les diffuser simplifie la compréhension par tous, particulièrement en mode bilatéral. L’entreprise en propose le cadre, les collaborateurs les façonnent.

Dans la pratique, les actions les manifestations matérialisant la mise en œuvre doivent restées dans la tendance définie mais évolutive. En effet, des usages vont dépendre la culture et la convivialité de l’entreprise. La grande question est « faut-il des passages obligés » ? Des rituels ?

Déjà se poser la question « faut-il… » c’est déjà y répondre : « non surtout pas ». Je ne prétends pas qu’il ne faut rien faire, bien au contraire mais faire ou laisser faire ce qui correspond aux personnes, à la collectivité ou comment elles projetent la vie collective.

Premier réflexe de simplicité, plutôt que de tenter de vous plier en quatre pour faire plaisir à tout le monde écouter les propositions, remarques spontanées. Vous pouvez aussi sonder , dans une phase d’anticipation et orienter.

Point délicat, la répétition d’un événement est-ce judicieux ? Vous souhaitez de la convivialité mais pour autant faut-il ritualiser ? Cela dépend de votre stratégie : intégration (team building), changements culturels. Si vos collaborateurs en font la demande et sont dans l’action et l’organisation communautaire, ils sont en phase de construction d’une réponse en mode participatif alliant volonté et sobriété dans la démarche, une certaine agilité.

La vigilance portera sur la détection d’un mésusage ou  usage qui, avec le temps, peut devenir désuet, bloquant car ne correspondant plus à un besoin. Une convivialité mais cristallisée en une politesse obligatoire, très contraignante, perçue comme politiquemnt correct personne n’osera remettre en cause le rituel subi.

Tous ensemble ? Oui mais pas toujours, presque une réponse de normande ! Des rythmes différents, des temps de présence décalés, il n’est  pas facile de coordonner des équipes.  Laissons-les créer leur team building (évènements, mode de communication adoptés). Le rôle RH sera de fournir ou valider les moyens, superviser la création du lien authentique (pas de laissé-pour-compte, de dérapages –excessive familiarité, bizutage, de sophistication élitiste .. ).

Par contre quelques évènements rassemblant tous les collaborateurs sont à privilégier (on peut éviter «L’arbre de Noel » dans le sempiternel restaurant d’-à-côté) ;  quelle que soit la cause, et pas forcément pour des dépassement d’objectifs, mais pour être juste ensemble. Tout simplement.

« La complication est un effet de la simplicité mal acquise » (André Brochu - Adéodat I)

« De la simplicité » – John Meeda (Ed.Payot  trad. fr)

Entreprendre au Canada : La Silicon Valley du Nord est à découvrir du 12 au 14 juin

Yann Rousselot-Pailley Par Yann Rousselot-Pailley (chroniqueur exclusif) - Present Profit

On imagine souvent le Québec et sa métropole Montréal sous la neige. Des mauvaises langues prétendent même que ses habitants se terrent dans le sol et vivent dans des galeries. C'est non seulement faux, mais en ce moment c'est même l'inverse de la réalité !

Dès l'arrivée du printemps, les gens déjeunent sur l'herbe dans les parcs de Montréal, et les festivals se multiplient, dont le fameux festival de Jazz de Montréal, le plus gros du genre au monde.

Cette année du 12 au 14 juin se tiendra un festival un peu différent des autres. Le Festival Eurêka, à deux pas de la Cité des Sciences, se tiendra dans le Vieux-Montréal. Des exposants et des festivaliers de partout en Amérique du Nord feront le déplacement pour découvrir les innovations du moment. Pourquoi un tel festival à Montréal ? C'est que la métropole québécoise est devenue, en moins de 10 ans, la Siicon Valley du Nord.

L'industrie du jeu vidéo y est certes sur-représenté avec EA Games et Ubisoft et les milliers d'emplois qu'elles créent. Il y a aussi les ténors, installés là depuis longtemps : Softimage, Matrox etc. Mais de plus en plus d'entreprises innovatrices choisissent Montréal attirés par les crédits d'impôt pour la Recherche et Développement, et aussi par le contexte favorable à l'embauche. Montréal est donc devenue petit à petit cette ville bouillonnante d'innovations et de créativité que les créateurs d'entreprises aiment tant.

Chez Present Profit, dans notre métier de chasseurs de subvention pour les entreprises innovantes, nous croissons, ici à Montréal, toutes sortes d'entrepreneurs ; tous plus inventifs les uns que les autres. Ils reflètent bien cette nouvelle génération de québécois, bien décidé à lutter contre la crise et la mondialisation en rivalisant d'ingéniosité et de créativité.

Décidément, l'image des quelques arpents de neige que décrivaient Voltaire a bien du mal a traverser le temps et ce n'est pas les nouveaux utilisateurs du Bixi (version locale du Vélib parisien) qui vous diront le contraire.

En Mai l’atelier fait ce qui lui plaît…

Dochternicolas Par Nicolas Dochter (chroniqueur exclusif) - Entrepreneur - L’Atelier dégustation

Et voilà encore un mois qui vient de se dérouler et c’est l’heure du bilan. Le mois de mai n’a pas été de tout repos, j’ai eu quelques dégustation bien sûr et ce mois de mai correspond au lancement de mon nouveau cours sur les accords mets et vins. Je vous présente brièvement le principe, mes clients et moi même nous nous retrouvons dans un restaurant Strasbourgeois (l’assiette du vin), autour d’un repas composé de 7 plats (poissons, fruits de mers, différentes viandes, plats épicés, dessert, etc…) , puis je présente 7 vins qui sont servis dès le début du repas, l’exercice consiste à réaliser soi même les différents accords en goûtant les vins et surtout d’échanger avec les participants. Cet atelier extrêmement convivial a eu beaucoup de succès auprès de mes premiers clients (que je remercie de leur confiance et de leur gentillesse). L’exercice s’est vraiment montré à la hauteur et nous avons échangé autour des vins pendant 4h00. Je pense que ce sera mon best seller de cette année, de plus je suis le seul à réaliser ce type d’exercice, donc succès garanti.

Pour revenir un peu sur mes aventures du mois dernier, pour être honnête je n’ai que très peu travaillé sur le site. Je suis en pleine période de réflexion sur les modifications à apporter, et surtout sur le contenu à ajouter (lecteurs assidus, il est temps de prendre son courage à 2 mains et de me laisser un commentaire afin de m’apporter quelques idées). J’hésite également à me développer sur d’autres villes en France. Pour la fin d’année il y aura probablement des cours sur Nantes, je réfléchis aussi à développer les cours sur Metz et Dijon. Je suis en train d’évaluer le marché afin de voir si il y a une réelle demande sur ces villes.

Concernant les commandes et les visites, c’est toujours plus calme que le début d’année (et je rêve toujours de mes 10 000 visiteurs/mois), mais je garde le sourire car c’est beaucoup mieux que l’an passé et je poursuis lentement mais sûrement mon ascension. Je sais qu’à l’avenir je vais devoir investir (intelligemment) afin de m’apporter davantage de trafic, et donc de clients. Cependant l’atelier dégustation a été rentable très rapidement et ce n’est pas le cas de bons nombres de sites e-commerce aujourd’hui. Donc je préfère grandir doucement et maîtriser mes coûts et surtout la satisfaction de mes clients plutôt que de dépenser à tout va et de ne pouvoir quantifier les bons résultats.

J’aurais néanmoins une question aux e-commerçants qui lisent se blog, quelle est la part de visiteurs amenés sur votre site par google adwords ?

Les avantages du web-entreprenariat …

Peggy Andre Par Peggy André (chroniqueur exclusif) - laccrodushopping.com et mapetiteaccrodushopping.com

Travailler chez soi, cela a de nombreux bons côtés ! Notamment celui d’avoir pu suivre Roland Garros non stop à la TV, mais aussi d’y avoir passé 3 jours sur place… Et quand je pense que je pourrais aussi suivre le Tour de France et les championnats du monde d’athlétisme, la vie est belle ! Je n’avais pas fait ça depuis mes études à la fac ! Enfin si, car dans ma précédente entreprise, nous avions la tv, mais entre 2 clients c’était un peu difficile de suivre les matchs.

Là, j’imagine ce que vous pensez : son site a dû en pâtir…Et bien pas du tout ! www.laccrodushopping.com a dépassé les 10000 visiteurs et explosé son nombre de commandes, tout ça en n’achetant que quelques mots clés spécifiques, en travaillant le référencement naturel pour sortir en page 1 de google sur quasiment toutes les marques, mais surtout grâce aux campagnes de communication menées par mon attachée de presse. Plusieurs passages dans des magazines de renom, comme Gala, Version Femina, Voici…ont permis au site de tripler son nombre de visiteurs les jours de parution.

Plusieurs réflexions s’imposent :

- Il n’est pas nécessaire de travailler 15h par jour 7 jours sur 7, pour que son site se développe. Les poses sont nécessaires et surtout il faut profiter de l’instant présent, Roland Garros c’est une fois par an, soit 2 semaines sur 52 semaines de travail, une misère.

- Il faut savoir déléguer : la communication à une attachée de presse hyper-professionnelle, le référencement à une société spécialisée et de confiance, le design à une graphiste qui comprend l’idée de votre site au premier coup d’œil. Bien sûr tout cela a un coût, mais créer son entreprise sans argent et sans investissement, je n’y crois pas du tout, sauf à rester un site de seconde zone…Evidemment j’aurais aussi pu suivre la tendance du moment et embaucher des stagiaires à 300€ par mois, mais là, je renierais mes convictions, comme quoi, tout travail mérite un salaire correct, décent et viable. Un stage, c’est fait pour apprendre et pas pour dépanner un créateur d’entreprise qui n’a pas les moyens de se payer un vrai salarié !

- La communication est l’une des bases essentielles à toute création d’entreprise. Si vous ne communiquez pas, personne ne vous trouvera ! La communication est un travail à part entière qui nécessite, des compétences, du temps, un carnet d’adresse et une bonne dose d’audace. Quand on crée son site, on n’a pas le temps de s’en occuper soi-même, il faut la faire faire par une personne compétente et douée ! Après quelques mois de travail, les résultats sont là : de nombreuses parutions prestigieuses, de très bons retours de la part des journalistes et un nom de site qui ne s’oublie pas : l’accro du shopping, c’est universel ! Surtout en ces temps de morosité, défaitisme et de repli sur soi (enfin, ça c’est la France même sans crise économique…). Et comme quoi, la tendance du moment « consommer moins, dépenser moins » ne s’applique pas à tout le monde !!! Consommer c’est vivre !

En bref, un très bon mois de mai et un site qui commence à se faire connaitre, pourvu que ça dure…

L’usure de la Relation avec les clients

Usure Par Henri Kaufman (chroniqueur exclusif) - Président de Hip ip ip ! Société de conseil en Marketing, en Web2.0 et en Formation

Une idée préconçue qui a la vie dure stipule que les plus vieux clients d’une entreprise sont les plus fidèles et les plus rentables. Et par conséquent, les entreprises ont tendance à concentrer leurs efforts commerciaux sur l’acquisition de nouveaux clients ; la conquête est toujours plus excitante que la fidélisation…
Mais, comme un pneu, la Relation s’use avec le temps. Et comme un pneu, la Relation peut se dégonfler, voire éclater. Une analyse plus attentive des comportements clients montre qu’il faut définir sa stratégie commerciale avec un peu plus de subtilité.

1- les clients les plus anciens sont les plus rentables : ce n’est pas du tout évident. Il faut bien analyser le chiffre d’affaires qu’ils ont réalisé mais aussi les frais qu’ils ont occasionnés (commandes spéciales, réclamations, ristournes, remboursements, etc…). Un simple coup d’œil sur le classement des clients par ordre de CA décroissant laisse toujours apparaître la fameuse loi de Pareto - la loi des 20/80 - et remet les pendules à l’heure. Il arrive parfois qu’on a plus intérêt à virer un vieux client à peine rentable que de le conserver

2- les clients les plus anciens connaissent bien vos produits : oui, peut-être. Raison de plus pour ne pas oublier de temps en temps de leur rappeler leurs qualités. Et de ne pas hésiter à les consulter, les impliquer, leur demander leur avis lors du développement de vos nouveaux produits.

3- les clients les plus anciens sont les plus fidèles : ce n’est pas du tout évident. Plus la relation est ancienne et plus les clients prennent conscience de la valeur de leur « fidélité », deviennent moins timides et ont tendance à demander des avantages supplémentaires à l’entreprise (offres spéciales, conditions préférentielles, …). Ils sont aussi très sensibles à la manière dont les incidents relationnels avec la marque sont résolus en terme de vitesse, de gentillesse, de compensation. Des incidents arrivent forcément lors d’une relation longue ; certains sont mineurs et vite oubliés. D’autres sont plus graves et ne sont pas près d’être oubliés si l’entreprise les a traités par dessus la jambe.

Conclusion :
il faut redoubler d’efforts et d’attentions pour les plus vieux clients de votre entreprise. Ils constituent le cœur de votre Capital Client et Ils ne vous sont jamais définitivement acquis.

Travailler sa vision en tant qu'entrepreneur

Ramosnathanael Par Nathanaël Ramos (chroniqueur exclusif) - Master Coach - Potentialis

« La première chose que vous devez faire est de faire sentir que la vision est très importante et presque impossible à réaliser. C'est cela qui donne aux gagnants le désir de l'adopter. »

Edwin Land

1 - Vision et leadership

La vision mène le leader… et toute son équipe ! Elle montre le but, allume le feu et l'entretient. La vision donne aussi un sens qui nous propulse en avant. Elle agit comme un aimant : elle attire, rassemble et met au défi ! Elle attire aussi les moyens (financiers et autres) de l'accomplir.
Vérifiez quotidiennement que vous vous en rapprochez. Si vous pouvez mettre votre vision en paroles, alors vous êtes en train de la vivre ! Vérifiez également l'état de vos "tripes" : qu'est-ce qui vous rend vivant, vous donne de l'énergie, vous fait pleurer, rêver ? Notez toutes les idées qui vous rapprochent de votre vision, clarifiez-les, parlez-en à votre mentor. Votre vision doit devenir très facile à partager.

2 - D'où vient la vision ?

1. de l'intérieur : de vos talents, de vos désirs, de votre vocation. Et si vous n'en avez pas encore une, joignez- vous à quelqu'un dont la vision correspond à votre personnalité. Quelle est votre mission ? Que disent vos tripes ? De quoi rêvez-vous ? Si ce que vous êtes en train d'accomplir ne répond pas à un désir intérieur intense, vous ne le mènerez pas à une bonne fin. Le profond désir intérieur est le garant du succès.

2. de votre histoire La vision vient de votre histoire, de votre passé, de l'histoire de votre entourage dans lequel vous trouverez les éléments-clés.

Exercice, Questions

Êtes-vous satisfait de ce que vous vivez ou est-ce que certaines situations sont inacceptables pour vous ?
Qu'aimeriez-vous changer dans le monde qui vous entoure ?
Lorsqu'on remarque que quelque chose ne fonctionne pas et que l'on est insatisfait de l'état actuel de situations, alors peut jaillir une vision.

3. du besoin des autres

La vision sert les autres, leur ajoute de la valeur, elle a une portée immense qu'un seul individu ne peut porter.
Il vous faudra un mentor pour emmener les autres vers leur réalisation.
Il vous faudra aussi une bonne équipe : les grandes choses ne s'accomplissent pas seul.

4. de la nécessité de l'Univers

Vos capacités sont limitées et vous ne savez pas ce que vous deviendrez demain.
Faites confiance à la vie, à votre vision (qui dépasse ce que vous êtes actuellement) et posez un pas après l'autre, devenez jour après jour la personne qui est en train d'accomplir sa vision en adoptant jour après jour, les habitudes qui développeront votre potentiel.

Sortir le premier prototype

Gillespoupardin Par Gilles Poupardin (chroniqueur exclusif) - Sencities.com

Ma vision de l’entrepreneuriat peut se résumer en quatre mots : FAIRE plutôt que dire.

L’étude de marché et le business plan ne sont pas les premières actions à mener. Ou plutôt, ils ne doivent pas être considérés comme le rapport de 50 pages, totalement déconnecté de la réalité.

Rien ne vaut la confrontation d’un premier prototype à ses futurs clients. Des différents feedback vont jaillir des données véritablement utiles pour l’entrepreneur, qui vont lui permettre de comprendre son marché et d’adapter son offre en vue de la sortie du premier produit. 

Qu’y a-t-il de mieux que mettre son produit entre les mains du client pour prouver le besoin et savoir s’il est prêt à l’acheter ? N’est-ce pas le but de l’étude de marché ?

Pourquoi faire un business plan pour un produit qui n’intéresse personne ? Plutôt que de perdre du temps à monter un BP avec des chiffres qui ne veulent rien dire, mieux vaut s’appuyer sur des données vraiment pertinentes.

La confrontation du premier prototype vaut donc toutes les études de marché du monde. 

Les chiffres viendront après. Commençons par valider le prototype avant de songer prix, promotion, distribution… Si le produit plait et que des gens sont prêts à payer pour se le procurer, la suite en découlera, avec du bon sens et un peu de méthode.

Et puis rappelons que l’idée ne vaut pas grand-chose… c’est la réalisation qui importe. Sortir le premier prototype est la meilleure façon de concrétiser une idée a priori géniale sur papier.

Ce raisonnement équivaut pour les produits et les services. L’important est de confronter le plus rapidement possible une « esquisse » de son offre. 

Vous êtes paysagiste et souhaitez vous mettre à votre compte ? Aménager le jardin d’un ami ou de votre voisin et faites-vous une première référence. Si le client est satisfait, il payera, vous vous serez fait la main, ajusterez votre offre et prospecterez de nouveaux clients. 

Dans le domaine de l’innovation technologique, la démarche est foncièrement la même. A quoi bon développer une technologie seul dans son coin ? C’est peut-être la meilleure façon de créer ce fameux produit qui n’intéresse personne… Sortir une version test et impliquer sa communauté le plus rapidement possible est l’une des clés du succès.

Pour résumer, voici 5 raisons de se servir du prototype comme étude de marché :

- Exister : c’est la chose la plus importante pour une entreprise. L’entreprise vit lorsque l’on parle de ses produits, pas de son étude de marché.

- Concrétiser l’idée géniale couchée sur papier. Le prototype est la façon la plus rapide et pertinente de répondre à LA question fondamentale : des gens sont-ils prêt à acheter mon produit ?

- Etre réaliste: Les chiffres sortis des études AB et Forrester research dessinent des tendances, pas des entreprises. Les données spécifiques à son couple produit / marché sont les plus pertinentes. Le Business plan devra être construit sur des données réalistes.

- Adapter : faire évoluer son offre rapidement pour l’adapter au plus près des besoins clients. 

- Valoriser : ce qui est fait est mesurable, ce qui reste à faire, hypothétique et donc sans valeur.

Organiser pour réussir

Drissi_mhamed Par M’hamed Drissi (chroniqueur exclusif) - Ph.D Management

L’organisation est l’une des quatre fonctions fondamentales de la gestion dont la planification, l’impulsion et le contrôle. C’est dire l’importance indéniable de cette fonction au sein de l’entreprise. C’est en effet l’organisation qui favorise la collaboration et la concertation entre les individus d’un groupe et améliore l’efficacité de la communication : elle délimite clairement l’autorité et la responsabilité.

Cette fonction aide le dirigeant de l’entreprise à mieux gérer et à éviter les crises et les dérapages grâce à l’amélioration de l’exercice des autres fonctions dont elle est indissociable : le fait par exemple d’embaucher quelqu’un et de le placer dans un poste qui ne convient pas peut entraîner plus tard des difficultés aussi bien au niveau de la coordination que sur le plan de la motivation. D’où la nécessité d’instaurer une organisation basée sur les concepts de base qui sous-tendent la structure formelle de l’entreprise à savoir : la division du travail, le découpage de la structure et l’étendue du pouvoir hiérarchique direct.

La division du travail, si elle est pratiquée correctement, augmente en effet l’efficacité, contribue à l’adoption des techniques de production de masse et conduit à un haut niveau de production de biens et de services. Comme chaque élément formel de l’organisation, la division du travail comporte des avantages et des inconvénients. Mais au fil des ans, les avantages ont pris le pas sur les inconvénients : la division du travail consiste à partager de larges tâches en petits travaux élémentaires que l’on répartit entre plusieurs personnes. Cette spécialisation du travail permet à un employé d’effectuer une tâche dans le temps le plus bref avec une qualification minimale. Elle permet aussi à la main d’œuvre d’être interchangeable, ce qui contribue beaucoup à l’efficience de l’organisation.

Néanmoins, du fait que la division du travail crée des postes de travail différents et le plus souvent très étroitement délimités, d’importantes tensions peuvent être observées, ce qui nécessite une coordination attentive de la part des dirigeants : pour compenser les effets négatifs potentiels de la spécialisation du travail, les firmes utilisent souvent les techniques de la participation à la prise de décision, de l’enrichissement des tâches, et de conseils de direction à des niveaux intermédiaires.

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Sentiment d’urgence : gare aux faux-amis !

Martingilles_2 Par Gilles Martin (chroniqueur exclusif) - Président du cabinet de conseil en stratégie et management PMP

Quand l’existant devient intolérable, et que le besoin de changement devient évident, il est courant de dire que ce qu’il faut faire pour que les choses bougent, que la dynamique du changement prenne, c’est de transmettre un « sentiment d’urgence ».

C’est une tarte à la crème des bonnes recettes des consultants.

Malheureusement, nombreux sont ceux qui ne savent pas vraiment ce que c’est que le « sentiment d’urgence ».

Pour beaucoup, « sentiment d’urgence », cela consiste à diffuser l’anxiété, l’angoisse, la peur, dans toute l’entreprise.

Et les dirigeants qui font cette confusion font en fait beaucoup de mal à leur entreprise, au lieu de transmettre ce qu’ils croient être un « sentiment d’urgence ».

Cette mauvaise urgence se traduit généralement par une suractivité qui peut être plus destructrice que bénéfique.

On repère facilement ceux qui en sont victimes.

Ils courent de réunion en réunion, sautant d’un sujet à l’autre jusqu’à l’épuisement.

Ils passent du temps à préparer des présentations Powerpoint sur des tas de sujets.

Cette agitation s’accompagne de tensions et de conflits entre les Départements, entre les personnes, entre les métiers (le Financier en veut au Commercial, qui s’énerve contre l’Industriel,…).

Les « projets » sont de plus en plus nombreux, les to-do lists n’en finissent pas.

Tout le monde s’agite, s’énerve, et aucun résultat n’en sort.

Tous disent « il faut agir ! », mais personne n’agit vraiment ; à tout problème rencontré, il y a un coupable : l’autre !

Les consultants se retrouvent souvent pris dans de telles ambiances, car une des parades des dirigeants, dans un tel bazar, est justement de demander à un consultant de faire un rapport de recommandations sur le problème, permettant ainsi de différer la décision et d’éviter de prendre ses responsabilités ; lesdites recommandations consistant généralement à ajouter de nouvelles actions, et de nouveaux projets, et donc à aggraver le frénétisme ambiant.

Peut-on guérir d’un tel mal ?

John P. Kotter, auteur célèbre en management,  vient justement de consacrer son dernier ouvrage à ce sujet. Le titre est explicite : « A sense of urgency ».

Pour donner à une organisation un vrai « sens de l’urgence », il nous propose une stratégie et quatre tactiques.

La stratégie, c’est de ne surtout pas tenter de  convaincre avec des faits et des chiffres, mais de gagner les cœurs et les reins, c'est-à-dire de jouer sur l’émotionnel, le « storytelling »,..

Les quatre tactiques, maintenant :

1.     Faire rentrer l’extérieur à l’intérieur de l’entreprise : en faisant venir dans l’entreprise, ou en envoyant les employés à l’extérieur, visiter des clients, rencontrer des concurrents, parler avec les employés qui sont en contact avec les clients, sortir.

2.     Se comporter avec le « sens de l’urgence » tous les jours ; et pour que ça se diffuse à tous les niveaux, les boss montrent l’exemple : ils suppriment de leur agenda tout ce qui n’est pas prioritaire, ils raccourcissent la durée des réunions et les circuits de décision , etc. Tout est dans l’attitude, qui manifeste l’urgence mais pas la frénésie d’agitation,

3.     Trouver les opportunités dans les crises : c'est-à-dire ne pas se lamenter ou désespérer devant les difficultés ou échecs, mais en faire des opportunités pour agir et bouger.

4.     Régler le cas de ceux qu’il appelle les « NoNos » : ceux qui trouvent toutes les bonnes raisons pour dire que ça ne marchera pas ; il ne faut surtout pas les ignorer (car ils vont continuer à saper les initiatives dans le dos ), ni tenter de les faire participer au changement (ils ne vont faire que tout torpiller). Le mieux est de les sortir complètement, ou de leur confier un autre projet périphérique qui les occupera et les empêchera de nuire.

On le voit, cette stratégie et ces tactiques, qui nous sont proposées pour réanimer le « sens de l’urgence », sont d’abord une histoire de politique et d’attitude.

Ce n’est pas pour autant qu’elles sont faciles à mettre en œuvre.

D’où l’intérêt de garder auprès de soi de tels principes, comme une trousse de secours en cas…..oui, d’urgence !

Idées reçues sur la réussite

Thebault_nicolas Par Nicolas Thébault (chroniqueur exclusif) - Expert des réseaux professionnels

Un sondage récemment vu sur le Net bouscule les idées reçues sur les conditions du succès pour un entrepreneur. Travail acharné et grand Talent pourraient à priori être perçues comme essentielles à une création d’entreprise réussies, alors qu’il serait plutôt question d’une bonne idée mise en œuvre avec les partenaires qui vous conviennent, dans la vie comme dans les affaires. Pour avoir eu l’expérience moi-même de créer une activité autour de mon seul talent d’activateur de carrière et d’un travail sans interruption, j’ai vu la limite du système. L’épuisement vous guette par un jeu de fuite en avant qui ne vous permet plus ni le recul nécessaire sur votre action, ni l’amélioration continue de votre offre.

Une bonne idée à elle seule ne suffit pas, surtout si elle est détournée dans un système qui ne la sert pas. Tout projet gagne a être soutenu par un environnement qui lui soit favorable autour d’un système de valeurs partagées. Si les partenaires avec lesquels vous travaillez ne voient en vous qu’une possibilité de faire de l’argent – c’est très souvent le cas, soyons en conscients – passez votre chemin. L’important est d’abord d’avoir la même vision du projet, de sa finalité ultime et des moyens possibles pour sa mise en œuvre. Si tel est le cas, que votre idée de départ est utile et viable, l’intendance suivra et avec elle, les moyens matériels nécessaires à votre développement.

Votre environnement est d’abord constitué de votre réseau au sens large, la signature que vous vous êtes forgée au fil des années et qui doit être en cohérence avec votre projet. Pour qu’elle soit crédible, l’offre doit être portée par votre histoire et celle de vos associés. Vous aurez toujours quelques détracteurs, c’est inévitable et notamment via le net et la fameuse image numérique liée à l’abondance d’information qu’elle fait circuler. L’essentiel est de disposer d’un nombre bien plus important de personnes qui témoignent positivement de l’expérience qu’elles ont avec vous. Le choix des associés doit être fait soigneusement pour créer une complémentarité de compétences et de personnalités.

Enfin, toutes les personnes qui vous entourent de près, ont une importance dans votre réussite. Amis, conjoints et partenaires croient il assez en votre idée, vous soutiennent-ils ? Entourez-vous de ceux qui vous donnent de l’énergie positive, y compris lorsqu’ils sont critiques envers certains aspects de votre action. Fuyez tous les autres, mais tenez compte indirectement de ce qu’ils vous renvoient. Les détracteurs peuvent être source de progrès, le tout est d’envoyer la bonne personne pour pouvoir les entendre sans fléchir.

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